Lysiane Panighini Praticienne Narrative

Vivre est mauvais pour la santé

11 mai 2014

Vivre est mauvais pour la santé

Comment des messages subliminaux nous empoisonnent la vie au quotidien…

Noémie marche d'un pas rapide en direction de son lieu de travail. 
Il fait beau, elle est gaie, elle se sent bien.

Au détour d'une rue elle rencontre Sonia une de ses voisines. Elles s'embrassent, échangent quelques banalités, puis, lorsqu'elles sont sur le point de se séparer, Sonia demande.

-Est ce que tu vas bien Noémie, tu as l'air fatigué...
-Oui oui je vais bien!
-Ah...parce que  je trouve que tu as une petite mine...
Noémie se défends
-Si si ça va bien je t'assure!
-Ah bon tu as maigri alors?
-Non non tu te trompes, j'ai même plutôt un peu grossi....
-Bon ben à plus tard alors...
-Oui à plus tard, bonne journée...

Elles se quittent et chacune va vers ses occupations.


Sauf que Noémie n'a curieusement n'a plus du tout la même forme… Elle se sent toute bizarre.
...et si j'étais vraiment malade?
Alors, Noémie passe une très mauvaise journée!


 Vous n'avez jamais vécu ça?
Moi oui. Presque tous les matins, au moment de mon petit déjeuner.
En écoutant les informations.

En l'espace de  juste 2 matins, voilà ce que j'ai entendu:
"Le téléphone portable est susceptible de donner des tumeurs au cerveau.
La pollution est nocive pour l'être humain même à petites doses.
La pilule 3ème génération provoque des AVC.
L'ingestion de pesticides est encore plus dangereux qu'on ne le pensait. 
Et puis encore,  il ne suffisait pas que le sucre donne du diabète, voilà qu'il provoque aussi des cancers, et encore mieux, sous forme de caramel il se transforme en poison violent!"

Je suis comme Noémie qui rencontre sa voisine. Je me lève, je vais bien, mais au fond, c'est vrai qu'avec tout ça je suis bel et bien une malade en puissance...
Sauf que moi, j'ai appris à résister à toutes ces informations toxiques.
Ce n'est pas le cas pour tout le monde.

 Ma profession de thérapeute me met en contact avec tout ce que génère indirectement ces informations: la peur, le mal être, l'angoisse...

Quelque soit l'endroit où l'individu  se tourne, le danger le guette. Alors pour se rassurer il essaie de rentrer dans un cadre: dépistage, assurances, principes de précautions etc...

Mais paradoxalement ces actions sont anxiogènes car les résultats, de fait sont incertains.
Car oui, l'imagination travaille, raconte des histoires angoissantes: "et pourquoi pas moi?"

Vivre, c'est mauvais pour la santé!Déconstruisons les idées toxiques.

De même que nous ne risquons pas forcement une agression lorsque nous prenons le métro après 21 h le soir, de même que la foudre ne nous tombe pas forcément dessus lorsqu'il y a un orage, de même il n'est pas obligatoire d'avoir un cancer un jour.

Il ne s'agit pas d'adopter la politique de l'autruche, mais simplement de voir que la vie en elle même présente un danger, et ce danger n'est pas plus grand aujourd'hui qu'il ne l'était hier.

Simplement nos informateurs se chargent de le surdimensionner, au point de faire croire aux individus qu'ils doivent parer à tout et se préserver de tout, ce qui est bien évidemment un leurre.

Et comme nous savons tous que c'est un leurre, le principe de précautions prends une place de plus en plus anxiogène dans nos vies.

 
Quelles conséquences indirectes ?

Autant, lors de catastrophes naturelles ou humanitaires, nous développons naturellement  des trésors de générosité, d'assistance  et d'entraide, autant la peur et l'angoisse n'engendrent pas la solidarité, mais au contraire l'individualisme, le repli sur soi.
Nous devenons suspicieux des autres, de notre alimentation, des objets qui nous entourent au quotidien et même de l'air que nous respirons.


Au fond, à force d'obéir aux prescriptions de dépistages divers et de plus en plus nombreux, à force de se laisser influencer par des discours alarmants au point de vouloir tout assurer y compris nos propres vies, nous finissons par en oublier le principal à savoir " le bonheur de vivre " tout simplement.

Croyances limitantes