Lysiane Panighini Praticienne Narrative

Le deuil et la Pratique Narrative

 

Faire son deuil. Voilà bien une expression utilisée dans des domaines aussi différents que la pertd'un travail, lors d'un déménagement, ( faire le deuil de l'endroit ou j'habitais), lorsqu'on nous commençons à vieillir ( faire le deuil de sa jeunesse), ainsi que lors de la perte d'un être cher.


Cette expression n'a pas toujours eu la place qu'elle a aujourd'hui et le fait qu'elle l'est a inscrit dans nos esprit, que "nous devons faire le deuil " lors d'une perte, et quelle que soit cette perte.


Qu'est ce que c'est faire le deuil?


Les réponses à ce propos sont multiples, et nous n'allons pas rentrer dans les détails, mais ce qui est sur c'est qu'avoir des sanglots dans la voix en évoquant l'être cher, quelques années  après sa disparition, peut nous faire penser que nous n'avons pas fait  " notre deuil".

La raison à cela, est qu'une espèce de dogme s'est mis en place par rapport à la manière dont nous devrions "vivre la mort", un peu comme si cela avait un caractère universel.

Plus précisément, nous devrions  " accepter la permanence de la disparition de l'autre, nous devrions l'aller de l'avant, vers une nouvelle vie qui soit déconnectée de cette personne. En clair, et pour ces raisons, pour beaucoup d'entre nous, faire le deuil s'assimilerait à une forme d'oubli de l'autre, d'évincement, de mise à l'écart.


Ceci est loin d'être anodin, car cela implique le fait que celui où celle qui n'arrive pas à oublier, qui ne trouve pas de consolation, qui n'accepte pas, se pose de vraies questions quant à une espèce d'anormalité relative à son vécu de la mort, voir même être diagnostiqué comme souffrant de douleur à retardement, ou de deuil pathologique. (Michael White)

Dés lors, lorsqu'une personne demande un accompagnement thérapeutique, sa narration consiste le plus souvent, à raconter son sentiment de vide, sa recherche de sens, sa dépression, et les effets que tout cela peut avoir dans sa vie.

 

 

 

 

 

Au revoir et Bonjour

L'approche narrative de la mort et du deuil: "dire au revoir et ensuite dire de nouveau bonjour."

 La mort, le deuil, c'est dans un premier temps dire au revoir, car en effet il existe beaucoup de choses auxquelles il faut dire au revoir, y compris une réalité matérielle, des espoirs et des attentes, la présence physique de l'autre. etc.


Et puis cela peut être, dans un second temps dire aussi "bonjour à nouveau". (hello again MW)

En effet, ce n'est pas parce que notre conjoint, notre meilleur(e) ami(e), notre enfant disparait, que la relation s'interrompt. La mort biologique n'est pas la mort psychologique.

Cela veut dire, que lorsque l'être cher disparait, la relation elle, reste bien vivante, et à ce titre peut être intégrée dans notre vie.

Il ne s'agira donc plus d'encourager la coupure de la relation mais au contraire de l'incorporer à notre présent, afin d'emmener dans le futur le meilleur du passé.

À ce titre, en tant qu'accompagnants, nous solliciterons d'autres histoires que celles qui sont associées au désespoir de la séparation, afin que la personne en demande d'aide, garde auprès d'elle l'être aimé.

 

C'est ainsi qu'il lui sera proposé, de raconter ce que l'être cher aimait, ce qu'il lui a transmis ainsi qu'à d'autres, comment il a contribué à sa vie, mais de quelle manière elle aussi à contribué à la sienne.

Il s'agira de faire jaillir de riches histoires, qui honoreront les liens qui ont unis et qui unissent encore la personne vivante à la personne disparue, et ce, afin de donner un vrai sens à ce qui a été vécu.

 

Un hymne à la vie de l'autre.


Reconstituer le lien c'est mettre à sa place le chaînon manquant. C'est réintroduire la personnes disparue dans la lignée humaine. C'est faire apparaître que son existence a été des plus importantes pour soi et pour les autres. C'est mettre au clair, tout ce qu'elle a transmis, et la façon dont son expérience, grande ou petite, à contribué à l'évolution de l'humanité.